En pleine période de chasse au gaspi, la Région Bretagne s’apprête à sortir son carnet de chèques. Somme soumise à validation : 20.000 €. Destinataire du futur virement : Les Z’Homnivores. Derrière ce nom enfantin, on retrouve un collectif d’acteurs majeurs de l’agroalimentaire. Fondé en 2017, ce dernier dit « œuvrer pour la liberté alimentaire de chacun ». Comprendre par là, défendre la consommation de viande, quoi qu’il en coûte, à travers des formations en ligne, des amendements clés en main et même l’organisation, en mars 2024, d’un colloque dans les murs de l’Assemblée nationale. Colloque parrainé par l’actuel ministre de l’Économie, Antoine Armand.
Comme nous le révélions en mai, la filière de l’agro bretonne a déjà touché 9.000 € du conseil régional pour le financement de Spotentiel, « pépinière des futurs responsables agricoles et ruraux ». C’est donc tout naturellement que les leaders de l’agro frappent, à nouveau, à la porte de la Région. Et, comme l’a révélé ce lundi, notre consœur Solenne Durox, on retrouve, cette fois-ci, Les Z’Homnivores à la manœuvre. Dans le document des futures délibérations du 2 décembre, dont Splann ! a eu copie, on peut lire à la partie « Accompagnement des entreprises et de l’emploi » que le collectif sollicite une subvention à hauteur de 20.000 €.
« L’argent public ne peut servir à financer des attaques ad nominem »
Cette somme d’argent public représente près de 12 % du programme présenté par les Z’Homnivores, au titre de la « valorisation de la filière et des métiers de l’alimentaire et de l’agroalimentaire » ainsi que de la « contribution au débat sur les évolutions de la filière alimentaire ». Cela, via l’apport « d’éléments de veille et d’informations sur les évolutions de la filière alimentaire ».
Ce lobby de la viande pourrait donc se voir octroyer, lundi prochain, 20.000 € pour mener à bien son travail de « veille informationnelle » et de « communication ». Un paradoxe quand on se souvient, qu’à l’été 2023, les mêmes Z’Homnivores avaient rédigé une note interne visant à discréditer le journalisme d’investigation sur l’agro-industrie bretonne. Notamment les travaux de Nicolas Legendre et d’Inès Léraud.
Un financement qui interroge jusque dans les rangs de l’assemblée régionale. « L’argent de la collectivité ne peut servir à financer la désinformation et l’attaque ad nominem du travail d’enquête des journalistes », commente, dans un communiqué transmis ce mardi, Claire Desmares, présidente du groupe Les écologistes de Bretagne à la Région.
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