La société Smart Salmon a raté son oral devant la commission locale de l’eau (CLE), le 30 novembre. Dix jours plus tard, 1 200 manifestants se sont rassemblés dans les rues de Guingamp (22), à l’appel du collectif Dourioù Gouez, contre la construction d’une usine à saumons près du Trieux.
Dix-huit mois après le vote de la vente de 10 ha de terres agricoles par Guingamp-Paimpol agglomération, les plans des acheteurs ont pris du retard. Smart Salmon, la société des frères Bakke, entendait à l’origine commencer la production de saumons au premier semestre 2023. À ce jour, pas une pierre n’a été posée et, sur le terrain, l’opposition grandit.
L’abaissement de l’objectif maximal de production de 20 000 à 8 000 tonnes de poissons par an n’a pas rassuré le maire de Plouisy : il se dit prêt à signer un « refus de permis de construire ». Quant au président de l’agglo, Vincent Le Meaux, d’abord très enthousiaste, il souligne maintenant des « lacunes dans l’argumentation de Smart Salmon ».
Quelques jours avant la démonstration de force des opposants dans les rues de Guingamp, Ole Bakke a pu mesurer la défiance grandissante que suscite son projet. Auditionné à huis clos et en compagnie du consultant Charles Flahault par la commission locale de l’eau (CLE) du Sage Argoat-Trégor-Goëlo, le 30 novembre, le Norvégien a tenté de séduire son auditoire en vantant les « bienfaits scandinaves » et un attrait commun pour « le saumon de qualité, avec du goût ».
Les représentants des usagers auraient préféré obtenir des précisions concernant la prise en charge des boues, l’impact des micro-particules ou encore le processus de désalinisation. Eau et rivières de Bretagne, la Confédération paysanne et les conchyliculteurs ont qualifié le projet de « prototype d’élevage industriel […] délirant ». « Rien n’était très précis », confirme le président de la CLE et maire de Coadout, Jean-Pierre Giuntini, qui se dit « dans le flou total » concernant la suite de la procédure.
La date à laquelle sera rendu l’avis de la CLE n’est pas encore connue. Mais le conseil d’agglomération a, lui, prévu de voter sa position le 24 janvier. Sauf que, à notre connaissance, le dossier qui devait être déposé à la préfecture le 15 décembre ne devrait pas l’être avant le 6 janvier.
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