Un nouvel épisode d’Indiana Jones se prépare-t-il en Bretagne ? Depuis quelques mois, un individu au profil romanesque a fait irruption dans l’Ouest de la France à la recherche d’un trésor perdu. Keith Barron, géologue de nationalités britannique et canadienne résidant en Suisse, a la soixantaine, une barbe grise et des yeux qui pétillent quand il parle d’or. Il est à la tête de la start-up Breizh Ressources, spécialisée dans l’exploration minière, qui a déposé trois permis exclusifs de recherches minières (PERM) entre juillet et octobre 2023.
Objectif : réaliser des démarches de prospection dans un périmètre qui couvre plus de 850 km² et 42 communes situées entre la Bretagne historique et le Maine-et-Loire. La démarche, qui n’a été rendue publique qu’au début de l’année 2024, n’a pas manqué d’intriguer la population locale et les médias.
Officiellement, l’entreprise espère trouver de l’or et une quarantaine d’autres minerais. Mais, derrière l’entreprise basée à Lorient se cache la société Aurania Resources basée à Toronto et immatriculée aux Bermudes, actionnaire unique de Breizh Ressources.

C’est par hasard, en lisant le Journal Officiel du 10 janvier 2024, que Dominique Williams, spécialiste des mines à l’association Eau et Rivières de Bretagne, tombe sur une information détonante : une société nommée Breizh Ressources a déposé, quelques mois auparavant, un permis exclusif de recherche minière (PERM) baptisé « Epona » dans quatre communes de sa région.
Même discrétion pour les deux autres PERM baptisés « Taranis » et « Bélénos », qui concernent une partie du Morbihan, de l’Ille-et-Vilaine et de la Loire-Atlantique.
Par exemple, Jeannick Martel, adjointe à la mairie de la Chapelle de Brain (35) n’a découvert l’existence du PERM « Taranis », qui concerne sa commune, qu’en juillet 2024 lors d’un conseil municipal.
Quant au permis « Bélénos », déposé en octobre 2023, son existence a été révélée au grand public par un article de Ouest-France daté du 16 mai 2024, qui relatait le débat à ce sujet au sein du conseil Anjou Bleu Communautés.
Mais que sait-on vraiment du dépôt de ces permis, longtemps passés sous les radars des élus et de l’opinion publique ?

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